L’histoire du gavage

 

Il y a 5 000 ans, à l’époque des Pharaons, les paysans égyptiens observaient la migration des oies qui venaient passer l’hiver sur les bords du Nil avant d’entreprendre leur long et épuisant voyage vers leur aire de nidification. Ils avaient remarqué qu’en période de migration, les oies étaient un peu plus grasses et donnaient un foie plus gros. Ils comprirent  que cette hypertrophie du foie était causée par une suralimentation à laquelle s'adonnent les oiseaux migrateurs avant le début de leur grand voyage. Ils capturaient donc ces oies lorsqu’elles étaient bien dodues, mais, comme cette migration n'avait lieu que deux fois par année et  ne pouvant obtenir le foie de ces oies que sur une très courte période, ils commencèrent à reproduire le phénomène du gavage, avec des oies qu’ils domestiquaient et nourrissaient avec du mil. Les Égyptiens créèrent donc les premières techniques de gavage, puis cette pratique s’est étendue au Moyen-Orient et ensuite en Europe. La civilisation hispano-arabe favorisa la transmission de la tradition dans le Sud-ouest de la France. Mais, le fois gras a fait sa véritable entrée dans l’Histoire avec les Romains, qui, dès le premier siècle avant Jésus-Christ nourrissaient des oies avec une bouillie de figues hachées. Quinze siècles plus tard, les Grecs gavaient oies et canards avec une bouillie de blé, puis vers le 17ième siècle, alors qu’apparaissait le maïs en France, base du gavage actuel, les figues, le blé et le mil furent graduellement remplacés par du maïs. L’invention de la stérilisation pour la mise en conserve et le développement des transports ont permis d’étendre la production du foie gras à toute la France mais aussi à de nombreux pays. Autrefois, c’était surtout les femmes qui étaient chargées du gavage. Agenouillées, l’oie ou le canard immobilisé entre leurs genoux, elles inséraient, par le bec jusque dans l’œsophage de l’animal, un entonnoir à long tube dans lequel elles mettaient la bouillie qu’elle poussait à l’aide d’une baguette. Plus tard, la baguette fut remplacée par un système de vis sans fin inclus dans l’entonnoir et commandé à la main.

Le foie gras est un foie de canard ou d'oie malade, obtenu par la torture de l’animal   

 

Aujourd’hui, même si quelques éleveurs ont conservé les techniques de gavage ancestrales, le gavage des oies et des canards se fait surtout de façon industrielle. De nouvelles méthodes permettent  un gavage plus rapide et d’un plus grand nombre d’animaux, mais le principe du gavage reste toujours le même. A l'aide d'une gaveuse pneumatique, un producteur peut gaver plusieurs centaines de volailles à l’heure, alors qu'avec une gaveuse traditionnelle, il ne pourrait en gaver qu'une trentaine. Mais, que le gavage soit traditionnel ou industriel, l'horreur pour les animaux qui le subissent est toujours la même et les fermes d’élevage qui cherchent avant tout une plus grande rentabilité, ignorent totalement les besoins des animaux, fussent-ils les plus élémentaires.      

 

Le gavage, qui se fait toujours de façon rapide, brutale et répétée, occasionne fréquemment la perforation du cou ou du jabot de l’animal, sans compter les nombreuses atteintes au foie lui-même et toutes les autres maladies et souffrances inhérentes au gavage et au confinement de ces animaux : terreur et stress intenses, blessures aux pattes, aux ailes, vomissements et asphyxies, diarrhées, hémorragies, congestions et maladies respiratoires, intestinales, circulatoires, infections, etc. etc, et le taux de mortalité des palmipèdes relevé dans les fermes d’élevage intensif est très élevé.  

 

Source des images: WSPA et No Foie Gras.org

 

Après des jours et des nuits de souffrances et juste avant que les oiseaux survivants ne meurent d’une maladie hépatique, leur foie étant devenu énorme, alors qu’ils ne peuvent  plus marcher, qu’ils transpirent abondamment, haletants et râlants, ils sont conduits à l’abattoir. Suspendus pas les pattes, conscients et témoins de ce qu’il va leur arriver, ils sont  plongés dans un bain d'eau électrifiée puis égorgés.

 

 
Photo prise par Aequo Animo, à l'arrière d'une ferme d'élevage de canards en Montérégie, Québec. Des centaines de canards morts se trouvaient également dans un énorme conteneur, par terre, ainsi que dans des brouettes. Voir lettre qu'Aequo Animo a fait parvenir aux gouvernements du Québec et du Canada, ainsi qu'à des journalistes.

 Le gavage est une pratique cruelle et abusive pour alimenter l’industrie du foie gras

 

Alors que de nombreux pays ont interdit, et que d'autres s’apprêtent à interdire le gavage pour des raisons de cruauté, le Québec quant à lui multiplie ses élevages de canards. Dans un seul abattoir de canards du Québec, près de 3 millions d’oiseaux sont  tués chaque année. Dans un autre, 2 500 foies gras sont emballés chaque semaine. Dans cette province du Canada, on y fait l’élevage des oies, mais surtout l’élevage du canard de Pékin et celui du canard Mulard, un croisement entre le canard de Pékin et celui de Barbarie. Deux fois par année, des canetons de France âgés d’un jour ou deux, sont livrés dans des fermes d’élevage intensif du Québec. Au bout de six mois, lorsque les petits canards de race Pékin sont devenus des canes, elles sont inséminées artificiellement deux fois par semaine avec le sperme récolté de canards de Barbarie. Les petits canards qui naissent de ces manipulations sont appelés des petits mulards. Tout comme pour les poussins mâles qui sont éliminés dans l’industrie des poules pondeuses, dans l’industrie du foie gras, des millions de petites canes sont tuées tous les ans, jetées dans des sacs de plastique ou broyées vivantes, car seul le foie des mâles est utilisé.   

Les petits canetons sont nourris avec de la moulée jusqu’à ce qu’ils atteignent environ 3 kilos, puis vers l’âge de 12 semaines ils sont envoyés dans des parcs d’engraissement et placés individuellement dans de minuscules cages (25cm X 15cm), alignées les unes contre les autres, dans lesquelles le moindre mouvement est impossible et où on les confinera jusqu'au moment de les abattre. 

Pour gaver les oies et les canards, on les saisit par le cou, on leur ouvre le bec de force, on leur enfonce un long tube dans le gosier et on leur fait avaler une énorme quantité de maïs préalablement gonflé dans de l'eau bouillante. Ce supplice de l’entonnoir, qui se prolonge sur une période de deux à trois semaines, est généralement répété de 2 à 3 fois par jour pour les canards et de 3 à 4 fois par jour pour les oies.  

 

La publicité trompeuse

Pour tenter de rassurer les consommateurs, les éleveurs-gaveurs affirment que le gavage est un phénomène naturel, que les canards et les oies sont très gourmands et qu’ils gloussent de plaisir à la vue de la nourriture. Pourtant, dans la nature, les oiseaux prennent seulement une petite quantité de graisse qui leur sert de réserve avant d’affronter une migration : ils ne se suicident pas par boulimie !  

 

L’image que l’on propose au consommateur, de ce petit canard dodu pataugeant joyeusement dans la mare est bien loin de la terrible réalité ! Si l’on montrait aux consommateurs, ces canards et ces oies malades, prisonniers de leur carcan et terrorisés à l’approche du gaveur, le foie gras, les rillettes, les confits, les magrets et tous les autres sous-produits de ces volailles martyrisées perdraient considérablement de leur popularité !  Nous vous invitons d’ailleurs à découvrir la cruelle réalité du foie gras en visionnant des vidéos filmés par caméras cachées dans l’un des plus grands élevages de canards gavés du Sud-ouest de la France. Et, nous vous invitons à signer le « Manifeste pour l’abolition du foie gras ».

 Le gavage est tellement barbare qu’il est interdit dans de nombreux pays

 

Le foie gras est une violation aux principes de la Convention européenne sur la protection des animaux d’élevage et en raison de sa cruauté, il est interdit dans la plupart des pays de l’Union européenne : Allemagne, Autriche, Italie, Angleterre, Pays-Bas, Danemark, Finlande, Luxembourg, Suisse, Norvège, République tchèque, Suède, etc.  Il est également interdit en Argentine, en Pologne, et en Israël.  Plusieurs états américains, tels la Californie, l'Oregon, l'Illinois, New-York et le Massachusetts pourraient éventuellement se rajouter à cette liste. 

 

La torture infligée aux oies et aux canards contribue à affamer des enfants 

Et pendant que l'on se délecte de foie gras, ailleurs des enfants meurent de faim ! Si l’on considère que le gavage d’une oie exige environ 20 kilos de céréales et celui d’un canard environ 12, et que l’on calcule les milliards de canards et d’oies qui sont gavés annuellement dans le monde, la quantité de céréales utilisée pour gaver ces volailles pourrait nourrir tous les jours, des dizaines de milliers d’enfants affamés et les sauver de la mort.    

La production de foie gras est non seulement une torture pour les animaux, un gaspillage énorme de céréales, mais elle est aussi une source de pollution. Il est impératif que nous condamnions toutes les pratiques immorales qui contribuent à la souffrance des animaux, à l’aggravation de la faim dans le monde de même qu’à la détérioration de notre environnement.    

 A.D. Leiba, Mai 2005

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Sources :  

Image de l'oie: Gracieuseté de Ian Britton, photographe

Manifeste pour l’abolition du foie gras  

Fondation Ligue Française des Droits de l'Animal

No Foie Gras org

One Voice

Association Stéphane Lamart

Terre Sacrée

Foie Gras Picard – Les Canards se portent mal

La Semaine Verte