Chasse Sportive

 

 

HARO SUR LA CHASSE SPORTIVE ET LE PIÉGEAGE

 

 



LA PRÉDATION NATURELLE



Par: Dominic Gauthier
03 décembre 2002


Dans la nature, la prédation est une relation normale entre les animaux et elle est fondamentale dans le bon fonctionnement des écosystèmes. Proies et prédateurs sont partenaires d'une relation écologique. La sélection naturelle qu'ils exercent mutuellement l'un sur l'autre favorise la survie du chasseur le plus habile et celle de l'individu le plus habile à échapper à son ennemi, du côté de la proie. Toutes les espèces animales se sont adaptées et vivent en harmonie avec leur écosystème.


Les animaux qui n'ont pas ou peu de prédateurs, se reproduisent lentement, leur période de gestation est longue et ils ne donnent habituellement naissance qu'à un seul petit. Par exemple, les éléphants, qui ne connaissent pratiquement aucun prédateur, à part l'Homme, ne mettent au monde qu'un seul petit, et ce, après 22 longs mois de gestation. Les éléphanteaux, comme d'autres mammifères, peuvent se mettre debout peu de temps après leur naissance et suivre le troupeau quelques jours plus tard, augmentant ainsi leur chance de survie.

Dans la plupart des cas, les proies sont très fécondes, leur gestation est beaucoup plus courte que celle des prédateurs et elles donnent naissance à plusieurs petits, ce qui leur permet de survivre en grand nombre même si beaucoup d'entre elles meurent. Un prédateur naturel tue des proies pour se nourrir mais sans exterminer l'espèce. Il attaque principalement les animaux les plus vulnérables, permettant ainsi de réduire les risques de maladies, d'éliminer les sujets contagieux, d'empêcher des animaux malades de se reproduire, de conserver les populations en santé, d'améliorer leur génétique. Tout l'écosystème bénéficie positivement de cette interaction. Cependant, les effectifs du prédateur et ceux des proies ne restent pas toujours dans une proportion constante et peuvent fluctuer fortement, sans que cela soit lié à la présence ou non d'un prédateur. Le climat, peut aussi avoir des répercussions sur plusieurs espèces animales.

Un milieu sans prédateurs n'est pas un milieu protégé mais un espace appauvri, artificiel, et fragilisé. L'homme est généralement incapable de juger de l'état sanitaire des animaux et il est donc incapable de remplir ce rôle pour lequel les prédateurs naturels sont irremplaçables. Contrairement à la prédation naturelle, ou aux hommes qui chassent pour leur propre subsistance, l'homme moderne chasse pour son propre plaisir et cette chasse s'effectue de manière perverse. L'utilisation d'armes sophistiquées ne laisse aucune chance aux animaux. Blesser ou tuer un animal à une centaine de pieds avec une arme semi-automatique, des mires et un téléscope, est presque garanti à l00%. Même si l'animal est en parfaite santé, qu'il est alerte et qu'il peut prendre la fuite, il n'a pratiquement aucune chance de survie: les capacités de survie qu'il a développées depuis des milliers d'années ne lui sont plus utiles lorsqu'il se trouve en présence d'un chasseur armé. Un animal ne peut percevoir comme une source de danger, un chasseur qui le guette à quelques 400 verges plus loin, et, même s'il détecte une odeur humaine, il ignore qu'un arc, une arbalète ou une carabine sont une source de danger pour lui. Il ne l'apprend que lorsqu'il est déjà trop tard.

La nature a mis en place des mécanismes pour s'assurer que le nombre d'animaux ne soit pas dépassé par la capacité du territoire où ils vivent. Prenons l'exemple du chevreuil, l'un des animaux les plus chassés au Canada. Supposons qu'un territoire quelconque ait suffisamment de nourriture pour nourrir une population de 400 cheveuils, qu'arriverait-il, si du jour au lendemain, toutes les femelles de ce troupeau donnaient naissance à un plus grand nombre de petits et que ce nombre, malgré les pertes associées au manque de nourriture durant la saison hivernale, grimpait à 500 ? Dès le début du rut, plusieurs mécanismes se mettraient en marche pour assurer une réduction de faons l'année suivante. Lorsque les chevreuils manquent de nourriture, leur appétit sexuel décline et les femelles cessent d'ovuler. Le territoire étant devenu insuffisant pour nourrir 500 chevreuils, une partie de ces animaux ne se reproduiraient pas durant cette saison, et, avec les pertes encourues durant l'hiver par manque de nourriture, la population totale retrouverait peu à peu sa capacité à se nourrir et retrouverait un décompte normal. Au bout de quelques saisons, cette population de chevreuils redeviendrait complètement stabilisée. D'autres mécanismes tels l'immigration et l'émigration d'animaux sont également utilisés par la nature pour maintenir les populations animales dans les limites de ses capacités. Ces mécanismes, à travers lesquels toutes les espèces ont évolué, sont intrinsèques et existent depuis des millions d'années.


La chasse par l'homme détruit plusieurs de ces mécanismes. Dans la nature, par exemple, les biches laissées à elles-mêmes, donnent naissance à autant de mâles que de femelles. Comme la plupart des chasseurs de "trophées" préfèrent tuer des mâles plutôt que des femelles, ils débalancent l'équilibre naturel des genres. Les mécanismes de la nature sensés ajuster naturellement la population de chevreuils se mettent à créer une surpopulation: le but des chasseurs sportifs est de maximiser le nombre de cibles. La chasse sportive, n'est pas la solution pour contrôler une surpopulation de chevreuils et bien au contraire, la chasse en est la cause.



LA PRÉDATION PAR L'HOMME MODERNE OU TUER POUR LE PLAISIR



Les chasseurs recherchent toujours les plus beaux spécimens, dégradent la génétique et encouragent la dispersion des maladies. La chasse sportive par les humains n'a jamais été une prédation naturelle et les technologies modernes de chasse rendent les choses encore pires. Les chasseurs contribuent à un déséquilibre des populations animales en éliminant toute concurrence. Ils chassent et piègent à outrance les prédateurs naturels qu'ils considèrent comme des espèces "nuisibles", même si des milliers d'études scientifiques ont démontré l'utilité de ces animaux dans la nature. Les chasseurs et les piégeurs altèrent l'habitat naturel des animaux et détruisent la biodiversité, la faune et l'environnement.


Au Québec et ailleurs au Canada, plusieurs oiseaux et espèces animales sont affectés par la pollution attribuable aux cartouches de grenailles de plomb, toujours utilisées pour la chasse aux lièvres et autres petits animaux. Il faut également souligner, que le plomb de pêche est la plus importante cause de mortalité chez de nombreux palmipèdes du Québec.

De plus en plus de territoires forestiers sont déboisés, ce qui permet une meilleure accessibilité aux chasseurs et aux piégeurs, qui contribuent à la diminution continue de certaines espèces et à leur destruction. Ces déboisements, ainsi que l'empiètement des forêts par les piégeurs et les chasseurs ont également des effets directs sur les nombreuses collisions et mortalités entre animaux et automobilistes. C'est d'ailleurs, durant les longues saison de grandes chasses d'automne que de nombreux animaux, pourchassés en forêt par des chasseurs, traversent affolés des autoroutes et créent des accidents parfois mortels. Bien des chasseurs profitent de ces tragédies, pour justifier leur sport sanglant, prétextant qu'il y a trop d'animaux et qu'il faut en éliminer encore plus. Cette ruse, sert à attirer l'attention du public et à obtenir l'appui des gouvernements. Si par malheur, en de très rares occasions, un animal tue ou blesse un être humain, un "arrêt de mort" est aussitôt déclaré envers cette espèce animale, une propagande journalistique est mise en branle et tous les arguments sont bons pour persécuter cette espèce "diabolique". Les piégeurs du Québec se sont d'ailleurs servis d'une récente tragédie de ce genre, pour demander à leur gouvernement, la permission de pouvoir augmenter leur quota de captures d'Ours Noirs, tout en prétextant vouloir protéger la population humaine et enrayer le braconnage de ces animaux, leur but principal étant d'obtenir que le gouvernement les autorise à légaliser la vente de vésicules biliaires d'ours: un marché qui s'avère être aussi lucratif que la vente de cocaïne.

Pour pratiquer leur "sport", les chasseurs et les piégeurs utilisent des véhicules tout-terrains, des motos-neige, des bateaux à moteur, des hydravions, des hélicoptères, etc, tous des engins extrêmement polluants, autant par le bruit qu'ils produisent que par les émanations toxiques qu'ils dégagent.

Les piégeurs et les chasseurs du Québec, appuyés par nos gouvernements, prospectent la nature, en y faisant construire en pleine forêt, des pourvoieries, des chalets, des camps de chasse, afin d'y pratiquer leur "sport" en tout confort, et attirer des touristes-chasseurs, ce qui détruit inévitablement de grands espaces forestiers. Ils installent des miradors dans des arbres, des pièges invisibles qui ne sont pas toujours sélectifs et qui tuent chaque année de nombreux oiseaux en voie de disparition et de nombreux animaux. Ces pièges non-sélectifs capturent et blessent également des animaux domestiques, des chiens et des chats, et parfois même des êtres humains. De plus, de vastes territoires forestiers sont déboisés pour pouvoir y pratiquer les chasses en enclos, véritables centres d'abattages d'animaux quasi-apprivoisés. Ces chasses se pratiquent en toutes saisons, sans règles spécifiques quant aux armes et permis.


Les piégeurs du Québec, détruisent tous les ans des milliers d'animaux qui ne sont ni consommés pour leur chair, ni utilisés pour leur fourrure, mais qui servent d'appâts pour piéger d'autres animaux. Par exemple, des moufettes et des marmottes, elles-mêmes piégées, servent d'appâts aux canidés: loups, renards, coyottes, etc. Certains éleveurs de bétail fournissent même aux piégeurs, des cadavres de veaux ou autres animaux de "boucherie" afin que ces derniers puissent les utiliser pour attirer des animaux sauvages dans leurs pièges. Au Québec, l'appâtage est une pratique courante et très utilisée pour la capture d'animaux: Quelques semaines avant la chasse ou le piégeage, des territoires forestiers sont préparés par les piégeurs et les chasseurs: des chevreuils sont nourris à intervalles réguliers avec des pommes, des ours sont attirés avec de la mélasse, du poisson, etc, etc. Dès que la chasse est ouverte et que les animaux ont pris l'habitude de venir se nourrir à ces sites d'appâtage, il ne reste plus qu'à les descendre ! À moins d'être mauvais tireur, les captures sont garanties à l00% et certains pourvoyeurs de chasse n'hésitent pas à faire de la promotion pour les chasseurs-touristes: "Captures garanties ou argent remis"! Au Québec, le piégeage de 19 espèces animales est autorisé sur 1 491 701 km2 soit plus de 98% du territoire québécois.


Le collet est fait de fil métallique et est muni d'un dispositif empêchant l'animal de se dégager. Le collet étouffe l’animal ou lui coupe le corps. Le degré de souffrance varie selon le fil employé, la grosseur de l'animal et la force de son combat désespéré...
Étrangle lentement l'animal lorsque celui-ci se débat pour s'échapper
http://www.antisnaring.org.uk/




Toutes les excuses sont bonnes pour augmenter les massacres d'animaux et les phoques ne font pas exception à la règle. Dans notre pays, plus de 300,000 phoques, qu'on accuse d'être responsables de la presque disparition des poissons de fonds alors que la surpêche par les humains en est la cause, sont sauvagement abattus à coups de pics à glace tous les ans. Malgré ce chiffre effarant et les nombreuses menaces qui guettent les phoques, tels les variations climatiques, les contaminants toxiques présents dans leurs proies, l'empiétement de l'être humain sur leur habitat, Québec songe à intensifier cette chasse et à en assouplir les règles, afin, entre autres, de faire fonctionner à plein régime, une nouvelle usine implantée depuis peu à grands coups de subvention, pour extraire l'huile de phoque sur une base industrielle, une huile destinée principalement au marché asiatique. Québec envisage également la chasse sportive de l'ours polaire et du boeuf musqué dans le nord de sa province.
Si nous tenons à sauvegarder ce qui reste de notre écosystème, il nous faut interdire la chasse sportive, le piégeage et toute autre forme d'exploitation des animaux et de leurs territoires, bref, il nous faut mettre un terme à cette guerre à sens unique des hommes contre la nature. Il faut permettre une réintroduction et une ré-immigration naturelles des animaux sauvages, et cesser de "gérer" la faune comme s'il s'agissait de gérer une entreprise. Même en étant motivés et en ayant les meilleures intentions du monde, personne ne sera jamais assez qualifié dans ce cas pour faire mieux que ce que la nature sait faire d'elle-même. Nous ne devons pas permettre que le lobby de la chasse, appuyé et encouragé par nos gouvernements, continue à lui seul de nous dicter les directives de la gestion de la faune et de ses habitants.

Les espaces naturels ne sont pas uniquement l'apanage des chasseurs, des piégeurs et des gouvernements, et ils devraient pouvoir être partagés en toute tranquillité avec les autres utilisateurs de la nature.

Une espèce animale ou une plante disparaît toutes les 20 minutes dans le monde ! Ce sont 26,280 espèces qui disparaissent chaque année. Dans les prochaines décennies, de nombreuses créatures disparaîtront à jamais de la planète si nous ne renforçons pas de manière très importante nos efforts en faveur de la conservation. Au Canada, 340 espèces animales sont menacées d'extinction, et ce nombre ne cesse de croître.



Références:
-League Against Cruel Sports
http://www.league.uk.com/
-Du Neuf chez les Prédateurs
http://membres.lycos.fr/predation/
-EFAH
http://www.efah.net/
Furries against Hunting
http://www.foxes.de/FAH/
Clan des Loups d'Amérique du Nord
http://www.geocities.com/clanloups/
Société de la Faune et des Parcs du Québec (FAPAQ)
http://www.fapaq.gouv.qc.ca/

 

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