LES CHATS ERRANTS

 

Par S. Drapeau

 

 

La protection de l’environnement et les chats errants
La relation entre chats et humains : un grand paradoxe
Le mythe du chat errant
Le vrai visage des chats errants
Les chats errants ruraux Vs urbains
Les conséquences de la prolifération des chats errants
Les griefs contre les chats errants
Qui peut faire Quoi pour aider les chats errants ?
L’avenir des chats errants

 







 

 

LA PROTECTION DE L'ENVIRONMENT ET LES CHATS ERRANTS

 

Tandis que la question des animaux de laboratoire fait l’objet d’une véritable guerre philosophique dans les milieux scientifiques;

tandis que l’élevage industriel (en batterie) des animaux domestiques laisse les gens de moins en moins indifférents et de plus en plus perplexes;

tandis que de plus en plus de zoos, longtemps mis à l'index par les défenseurs de la nature pour avoir participé au pillage du cheptel mondial, ont aujourd'hui pour mission et défi : la protection des espèces menacées d'extinction, en reproduisant, le plus exactement possible, leur habitat naturel (menacé aussi de destruction) pour assurer à leurs pensionnaires un environnement riche et stimulant, répondant à leurs besoins naturels;

tandis que les droits des animaux sont un sujet de réflexions soutenues, maintenant déclarés haut et fort par plusieurs associations internationales;

tandis que les sociétés évoluent à propos des divers aspects de la conservation et protection de l’environnement, les chats errants, eux, sont laissés-pour-compte, se multiplient jours après jours, et sont condamnés à lutter pour leur survie.

Constamment à la recherche d’un abri et de nourriture, ils sont continuellement exposés aux accidents, aux maladies et aux intempéries. Au Québec, en 1998, lors du verglas, plusieurs citoyens ayant à coeur la cause des chats errants ont rapporté d’innombrables cas de chats morts, figés dans la glace.

Par surcroît, ils sont abusés fréquemment par les humains (empoisonnements, lapidations, noyades, cibles des chasseurs, coups et blessures mortelles).
Si par malheur aucune aide ne leur est octroyée, leur vie en est irrémédiablement réduite d’environ 60 à 70%. Pour les chats qui survivent à cette négligence et irresponsabilité, leur destinée se résume, la plupart du temps, à être capturés par les fourrières puis éliminés.

Retour aux titres


LA RELATION ENTRE CHATS ET HUMAINS: UN GRAND PARADOXE

 

Le chat est depuis toujours l’animal de compagnie le plus convoité. On estime que les familles québécoises possèdent plus de 2 millions d'animaux domestiques dont 845,000 chiens et 1,200,000 chats. ¹

À travers les âges et les légendes, on l’aime ou on le déteste, mais il n’est jamais ignoré. Il inspire le respect et parfois une crainte subtile suscitée moins par ses griffes acérées que par son regard profond et énigmatique. En tête-à-tête avec lui, ses yeux parfois étranges, d’une étonnante beauté et experts à déchiffrer la nuit, nous laissent quelquefois, en regard avec certaines de nos incertitudes ou émotions mystifiées, en position d’infériorité.

Cela m’amène à me questionner à savoir pourquoi nous ne sommes pas davantage attentionnés envers lui ? Est-ce parce qu’en plus de symboliser le confort domiciliaire, le chat personnifie le mystère et nous ramène un peu trop à nous-mêmes ? Ou encore est-ce parce que, comme le dit si bien Frédéric Vitoux : « le chat incarne la vie sauvage à l’état pur » ? ²

La citation suivante rend bien cette croyance :

« Dieu a fait le chat dans Sa grande bonté
pour que l’homme puisse caresser le tigre. »

Alexandre Vialatte

Retour aux titres


LE MYTHE DU CHAT ERRANT

 

Actuellement, l’organisation des communautés humaines ainsi que la représentation souvent déformée qu’elles se font du chat errant, ne lui permettent pas d’être libre. Mais nous verrons plus loin, dans  
« l’avenir des chats errants », que cette liberté n’est pas impossible. Cela dépend de nous, car errance et liberté sont deux notions bien distinctes !

A priori, le chat est un animal domestique. Il faut défaire le mythe du chat satisfait de son état d’errance et de sa misère. S’il évoque la vie sauvage par excellence, cela suppose que nous prenons pour acquis que son courage, sa résistance et sa débrouillardise sont sans limite, qu’importent les mauvaises conditions de son environnement (absence de nourriture et d’abri, températures extrêmes etc.). Il est généralement perçu comme une petite bête asociale et invincible possédant neuf vies, parfaitement autonome et n’ayant nullement besoin de notre aide pour survivre. Ces considérations portent à croire qu’il serait malheureux, emmuré dans nos maisons.

Avec cette vision des choses, le chat errant est donc destiné, pour son propre bien, à vivre exclusivement à l’extérieur, sans aucune protection ni support. Il est souvent jugé agressif et porteur de maladies. Il devient utopique de l’apprivoiser et de le changer en animal de compagnie paisible appréciant chaleur et sécurité.

Ensuite, arrive l’obstacle de l’éducation. Les personnes aux prises avec le mythe du chat errant pensent, que de toute façon, même accoutumé aux humains et à une certaine stabilité, un chat errant qui a connu la rue ne peut jamais apprendre les bonnes manières. Par exemple : faire ses griffes sur un griffoir plutôt que sur les meubles, utiliser la litière pour ses besoins, manger dans son plat plutôt que de sauter sur la table de cuisine pendant les repas, etc.

Puis, s’ajoute la peur des parasites et des maladies, encore plus difficilement surmontable quand le mythe du chat errant est bien enraciné.

J’espère que la suite de cette recherche parviendra à démystifier certaines croyances et à rassurer ceux et celles qui méconnaissent les impacts réels des chats errants.

Retour aux titres


LE VRAI VISAGE DES CHATS ERRANTS



Par quels miraculeux moyens les chats errants réussissent-ils à survivre ? Qu’offre une ville de béton, de plus en plus dénaturée (au sens propre du mot), en terme de nourriture et d’abri aux chats errants ?

En milieu urbain, il y a toujours une minorité de gens qui, par passion ou par générosité, nourrissent et abritent les chats errants. Plusieurs subsistent grâce à ces attentions. Ils s’alimentent la nuit et se cachent le jour. Mais sans cette contribution, les chats de rue, malgré leur caractère indépendant, ne peuvent survivre.

Dans la plupart des communautés, il est interdit de nourrir les chats errants dans les secteurs publics, notamment les parcs. Selon le code de vie des citoyens de plusieurs municipalités, cette pratique favoriserait leur propagation. Ce qui est à mon avis aberrant ! Le fait de nourrir les chats errants n’a rien à voir avec leur reproduction. À moins que de s’abstenir de nourrir les chats errants serait dans le seul but de les affaiblir au point où ils n’auraient plus la force de se reproduire. Cela me semble d’une cruauté excessive!

Si nous n'apercevons que très rarement les chats errants dans notre entourage, tels des félins sauvages parfaitement affranchis en pleine forêt, c’est surtout parce qu’ils sont en difficulté et qu’ils ont peur. Pour dissiper le mythe du chat errant, disons qu’en vérité la grande majorité des chats en divagation sont abandonnés ou perdus. La plupart ont déjà connu la tranquillité et la sécurité d’un foyer. Il arrive parfois que des chats maltraités ou négligés désertent leur famille d’adoption à la recherche d’un ailleurs meilleur.

Malgré le fait que des personnes nourrissent ou fournissent des abris aux chats errants; la SPCA de Montréal affirme que :

  • l'espérance de vie d'un chat domestique est de 12 à 15 ans, alors que celle d'un chat errant est de 2 à 5 ans.
  • les chats errants représentent 65 % des animaux reçus dans les refuges.

On peut donc conclure que parmi la population des chats errants, un grand nombre ne survit pas à l’errance et que l’âge moyen se situe entre 2 et 5 ans. Un faible pourcentage seulement est constitué de chats âgés de plus de cinq ans.

Il est difficile de recueillir de l’information concernant les chatons nés en liberté. Les situations sont très variables. Différents scénarios peuvent être imaginés. Mais selon les statistiques précédentes, ils ont plus de chance de survivre s’ils sont aidés. L’attitude de leur mère est aussi très importante. Si elle n’est pas très sauvage et qu’elle a l’instinct de survie très développé, elle demandera de l’aide ou elle s’installera près d’une source de nourriture facilement accessible.

Durant mon jeune âge, une chatte sur le point d’avoir ses petits, que nous n’avions jamais vue auparavant, s’est faufilée à l’intérieur de notre maison à l’instant où quelqu’un sortait. Elle s’est réfugiée dans un placard et a donné naissance à six beaux chatons. N’importe quel témoin d’une telle scène aurait été attendri. Cette chatte a déployé tellement de courage pour sauver ses bébés ! Mais, elles n’ont pas toutes ce tempérament audacieux. Certaines chattes plus sauvages et moins confiantes accouchent dans des refuges très isolés qui rendent leurs chatons aussi farouches qu’elles. Ils demeurent cachés même après leur sevrage jusqu’à ce qu’ils se sentent assez forts pour affronter seuls les dangers. Ce moment est critique pour ces chatons car ils sont sevrés mais ils dépendent encore de leur mère pour se nourrir.

La chatte qui normalement rapporterait des petits animaux vivants riches en protéines à ses chatons pour leur apprendre « la vie de chat », a du mal à subvenir à ses propres besoins. En ville, la chasse est moins fructueuse. Souvent, elle n’a pas le choix de s’alimenter sur place avec des croquettes destinée aux chats errants (ou avec des restants de table dans les composts et les poubelles). Cette forme de nourriture n’est malheureusement ni transportable ni disponible pour les petits, terrés dans leur refuge, attendant que leur mère ramène de quoi manger. Leur tanière devient un peu leur tombe, car plusieurs d’entre eux mourront de faim et n’en sortiront jamais.

En ville, les oiseaux et les petits mammifères étant moins abondants, la concurrence entre chats errants pour s’approprier les territoires un peu plus boisés et propices à la chasse, est plus féroce. Les chats errants sont généralement des solitaires, ils chassent seuls et ne partagent pas leurs proies. Cependant, en milieux urbains, cela tend à disparaître pour faire place aux colonies de chats. En effet, on remarque de plus en plus de tolérance et de solidarité entre eux aux sites de nourrissage pour chats errants.

Retour aux titres

 

LES CHATS ERRANTS RURAUX VS URBAINS

 

En contrepartie, il ne faut pas croire que le sort des chats errants ruraux est plus souhaitable que celui des chats errants urbains. Je me souviens quand j’ai recueilli Jeanne, une petite chatte d’environ deux ans. J’habitais la campagne et je l’avais trouvée en train de manger dans mon compost. Elle était complètement déshydratée, sa fourrure remplie de pellicules blanches et son ventre était distendu. J’ai crû qu’elle était enceinte. Après une visite chez le vétérinaire, quelques comprimés contre les parasites intestinaux ont suffi à faire dégonfler son ventre et avec une bonne alimentation, tout est rapidement rentré dans l’ordre.

En région, les chats errants n’empêchent personnes de dormir. Ils sont rarement nourris, car ils ne sont pas des animaux de rente. Leur seule utilité est de débarrasser les bâtiments des petits animaux qualifiés de "vermine". La plupart des agriculteurs possèdent un chien (pour garder la ferme ou conduire les troupeaux) et tolèrent en moyenne 3-4 chats sur leurs terres. Les intrus, souvent des chats errants, sont chassés et tués par les chiens ou éliminés sans vergogne par les fermiers. Contrairement à leurs semblables de la ville, ils ont beaucoup de prédateurs.

Je me rappelle l’histoire de Laurie, une jeune chatte « écaille de tortue » que j’avais trouvée à Montréal. Elle était enceinte et devait accoucher bientôt. Durant mes vacances, j’avais l’habitude de passer quelques semaines chez des amis à la campagne pour leur donner un coup de main pour l’entretien des animaux et des jardins. Ils m’ont offert de l’amener avec moi sur leur ferme. C’était le milieu de l’été et la température était clémente. La petite chatte préférait rester dehors et elle ne s’éloignait pas. Elle semblait apprécier cette nouvelle vie. Un soir, au début de la nuit, elle se tenait près de la fenêtre de ma chambre, quand je l’ai entendue crier. Elle venait de se faire attaquer, possiblement par un chien du voisinage ou un renard. Je suis sortie aussitôt pour lui venir en aide et pour investiguer sur ce qui venait de se produire, mais je n’ai rien vu.
Nous n’avons jamais revu la petite Laurie. La campagne n’est pas le paradis des chats errants comme plusieurs peuvent l’imaginer.

Retour aux titres


LES CONSÉQUENCES DE LA PROLIFÉRATION DES CHATS ERRANTS

 

SPCA de Montréal rapporte qu’un chat non stérilisé peut théoriquement devenir le patriarche d'une famille de 420,000 chatons en seulement 7 ans ! Au Québec seulement, il existe 1,6 millions de chats errants, soit 2.5% des 65 millions de chats errants dénombrés par les statistiques américaines (comprenant le Canada et les Etats-Unis).

CHIFFRES À MÉDITER
* Chez les chats 1+1 = 6 et cela deux fois par an ;
* Un couple de chats peut donner le jour jusqu'à
12 chatons par an (soit 6 couples);
* Après deux années : 6 x 12 = 72 chats (36 couples);
* Après trois années : 36 x 12 = 432 chats (216 couples);
* Après quatre années : 216 x 12 = 2.592 chats (1296 couples);
* Après cinq années : 1296 x 12 = 15.552 chats ! etc.

Retour aux titres

 

LES GRIEFS CONTRE LES CHATS ERRANTS

 

Parmi les contrariétés reprochées aux chats errants qui incommodent les citoyens au point de faire des plaintes, mentionnons le bruit, les dégâts, les odeurs laissées par l’urine, les parasites et la peur des maladies.

  • Le bruit : Les cris des chats errants qui se chamaillent, surtout la nuit, sont souvent très intenses et durent longtemps. Cela porte atteinte à la tranquillité des citadins qui se plaignent d’être brimés dans leur sommeil.

 

  • Les dégâts : Les chats errants à la recherche de nourriture
    déchirent les sacs à ordures laissés à l’air libre. Les déchets sont alors éparpillés et embarrassent le voisinage. Ces sacs devraient toujours être déposés dans des poubelles hermétiques pour masquer les odeurs qui pourraient attirer les chats errants.

 

  • Le marquage urinaire : Après le bruit, l’odeur de l’urine est le désagrément qui génère le plus d’intolérance. L’urine est pulvérisée ou répandue en jets par les chats adultes (ce comportement est présent chez les deux sexes, mais l’urine est plus odorante chez le mâle) pour délimiter leur territoire ou simplement pour souligner leur passage. La solution pour empêcher cette conduite importune est la stérilisation (avant l’âge adulte de préférence). Cependant, il ne faut pas penser que tous les chats, particulièrement les mâles, continuent de faire leurs traces si la stérilisation a lieu après l’âge de la puberté (8 à 10 mois). Ce sont des cas très rares, voire même exceptionnels.
    Mon chat a été trouvé blessé vers l’âge de 2 ans. Ce gros mâle a été stérilisé après sa maturité sexuelle et non seulement il ne marque pas son territoire, mais il n’insiste pas pour sortir. Souvent, les chats errants qui ont souffert apprécient beaucoup la sécurité et préfèrent le bien-être à la galipote.

Avant de se départir d’un chat qui fait ses marques, il serait bien de vérifier : 1. s’il n’a pas un problème urinaire 2. si à l’endroit où il laisse son odeur, il n’y aurait pas une autre odeur qu’il n’aime pas et qu’il tente de dissimuler (parfum, senteur de vieilles chaussures, odeur d’un autre animal, etc.) et 3. s’il ne subit pas un stress important.

  • La peur des maladies :

1. Les maladies contagieuses du chat non transmissibles aux humains : Le chat étant génétiquement éloigné de l’espèce humaine, contrairement au chimpanzé par exemple, ses maladies contagieuses, à part la rage, ne se transmettent pas aux humains. Les chats errants ne représentent donc pas une menace importante pour la santé publique. Parmi ces maladies, citons : la panleucopénie féline ou distemper, la rhinotrachéite infectieuse féline (FVR), le calcivirus (FCV), la chlamydiose féline ou pneumonite, la leucémie féline (FeLV) et le sida du chat (FIV).

2. La rage est une infection virale fatale du système nerveux central chez tous les mammifères, y compris les êtres humains. La rage du chat est donc transmissible aux humains.

Si vous rencontrez un chat errant avec un comportement étrange : agressivité accompagnée de paralysie, il vaut mieux ne pas vous en approcher et de prévenir sans tarder les services publics; la fourrière de votre ville, la SPCA ou sinon, un vétérinaire. Vous ne pouvez rien faire pour sauver la vie de cet animal. Dès que les symptômes apparaissent, ils sont irréversibles. Il n’existe aucun traitement curatif, mais le chat atteint de la rage ne doit pas être éliminé. Un diagnostique doit être établi, surtout si le chat en question a agressé quelqu’un ou un autre animal.

Si vous êtes témoin d’une agression par un chat enragé (au Québec, les principaux bassins de rage sont les moufettes, les renards et les écureuils) ou qu'une personne a été mise en contact avec la salive infectée de l’animal, suite à une morsure ou éraflure, appelez tout de suite l’urgence ou la police. Cette personne doit être conduite immédiatement à l’hôpital, avant que les symptômes ne se développent, pour recevoir un traitement préventif contre la rage.

3. Les parasites qui ne se transmettent pas aux humains :

Les mites d’oreilles et les parasites internes comme les vers intestinaux du chat ne se transmettent pas aux humains. Il existe aujourd’hui des produits vétérinaires très efficaces qui agissent presque immédiatement contre certains parasites du chat. Un produit révolutionnaire, administré seulement par les vétérinaires sur la peau du cou du chat, est capable, en quelques heures seulement ou dès la première application , de remédier simultanément aux puces, aux mites d’oreilles et à certains vers intestinaux. Une deuxième dose est recommandée, parfois trois, dépendamment de la gravité de l’infestation. Des comprimés oraux supplémentaires peuvent être prescrits pour venir à bout des parasites intestinaux réfractaires à ce traitement.

4. Les zoonoses (affections animales transmissibles aux humains) :
Les parasites externes : les puces, la teigne et la gale peuvent être contagieuses pour les humains à condition que ces derniers soient en contact direct avec l’animal porteur. Il est bon de prévenir immédiatement la contagion en isolant le chat atteint en le faisant traiter par un vétérinaire. Cependant, à de rares exceptions près, il est inutile de prendre des mesures de prévention pour les humains, puisque ces parasites peuvent vous piquer ou mordre, mais ne peuvent pas vivre très longtemps sur la peau humaine.
Dans les cas de teigne et de gale, il est recommandé d’assainir la maison, de nettoyer les tapis et la lingerie, afin que le chat, après traitement, ne rechute pas à son retour à la maison et n'entretienne pas les parasites.

DES SOLUTIONS SIMPLES ET EFFICACES :

Pour les puces, vous pouvez vous procurer sans prescription chez un vétérinaire, une dose d'un liquide que vous pouvez appliquer aisément sur la peau du cou de chat. Ce produit coûte une dizaine de dollars et est efficace en quelques heures pendant environ un mois. Le traitement doit être répété jusqu’à la fin de l’automne si le chat reste à l’extérieur. Si votre chat vit autant à l’intérieur qu’à l’extérieur et que votre maison est infestée de puces, pas de panique ! Elles mourront en quelques heures, dès qu’elles sauteront sur votre chat et qu’elles seront en contact avec son sang traité. Il n’y a vraiment pas de quoi fouetter un chat !

En ce qui concerne la teigne, il en existe différentes souches. À chacun sa teigne : humaine, féline, canine, bovine, etc. On peut attraper la teigne d’un animal quand on est en contact direct avec lui, cependant nous ne pouvons pas la transmettre à un autre humain. La teigne féline n’est donc pas très contagieuse chez les humains. Dès que nous sommes séparés physiquement de l’animal, les lésions cutanées s’atténuent rapidement, car nous ne possédons pas un terrain propice pour nourrir ou entretenir cette souche de teigne, spécifique aux chats.

La teigne est plus fréquente chez les jeunes chats, mais les chats adultes n’en sont pas épargnés pour autant.


La gale se présente sensiblement comme la teigne. Chaque espèce possède une souche spécifique de gale. Notons qu’en général, les enfants sont plus exposés que les adultes, lorsqu’ils sont directement en contact avec le chat atteint par la gale. Les acariens en cause sont plutôt rares. Ils affectionnent la malpropreté, mais ne résistent pas très longtemps dans un environnement salubre. L’isolement et le traitement de l’animal par un vétérinaire sont les premières mesures à prendre. Après le traitement, le chat devra réintégrer un endroit propre et désinfecté.

Retour aux titres

 

QUI PEUT FAIRE QUOI POUR AIDER LES CHATS ERRANTS ?

 

Les fourrières municipales : certaines municipalités assurent un service de fourrière ou mandatent une entreprise. Les règlements sur les animaux diffèrent d’une municipalité à l’autre. Les fourrières ne sont pas au service des animaux. Leur rôle principal est de répondre aux plaintes de la population contre les animaux nuisibles. Les délais de garde des animaux en fourrière sont aussi laissés à la discrétion de chaque municipalité. Les chats non identifiés, ramassés par les fourrières, sont généralement gardés environ trois jours. S’ils ne sont pas réclamés après ce temps, ils deviennent la propriété de la ville et elle peut en disposer comme bon lui semble. Il est très difficile de savoir comment se termine leur histoire. Les renseignements sont divulgués au compte-gouttes pour préserver l’image des services animaliers ou pour ménager les cœurs sensibles.

Certaines fourrières offrent plus de services. Si les chats errants trouvés sont conformes à leurs standards de qualité, ils seront vaccinés, vermifugés et mis en adoption. Le non sens est qu’ils ne sont pas stérilisés avant d’être mis en adoption. La promotion de la stérilisation devrait pourtant être primordiale pour les organismes qui s’adonnent au CONTRÔLE ANIMAL.

L’arrondissement de Lachine, ville de Montréal, où je demeure, est très strict relativement aux chats errants. Je me suis adressée à la fourrière pour emprunter une cage trappe afin de capturer des chats errants que je nourris dans ma cour. Je voulais les faire stériliser, vacciner et identifier, puis les relâcher dans leur environnement habituel. On m’a répondu que la ville ne passait pas de cage trappe pour « usage personnel ». Voyant mon insistance, car je trouve sincèrement que mon action aide aussi la communauté, on m’a invitée à faire une requête auprès du bureau du citoyen. Elle a été refusée du revers de la main. Voici la réponse que j’ai reçue : « Vous n’avez pas le droit d’installer de cage trappe vous-même et de toute façon, le service animalier de Lachine n’attrape pas les chats errants pour les stériliser et les relâcher, mais pour les euthanasier ».

Les organismes de secours animal :
Les associations ou refuges venant en aide aux animaux sont, pour la plupart, de petites structures individuelles à but non lucratif gérées par des bénévoles. Elles n’ont pas de subventions pour opérer et survivent grâce à des dons. Elles ne disposent pas non plus de lieu physique ou de chatterie pour abriter les chats errants ramassés avant l’adoption. Ce sont des bénévoles qui les logent et s’occupent d’aller chez le vétérinaire pour la stérilisation, la vaccination, les vermifuges et les soins indispensables. Tous ces frais sont à leur charge. C’est pourquoi, une participation aux frais est demandée lors de l’adoption.

Les campagnes de stérilisation des chats errants :
Dans les villes indemnes de rage, certaines associations de protection des animaux ont commencé à solliciter les villes afin d’unir leurs efforts dans le but de procéder à la stérilisation des chats errants. La procédure varie selon les ententes entre les parties concernées.

À Rosemère, la mairesse Hélène Deneault a refusé l’option de Passion Cat Pat qui demandait un somme de $2000.00 pour capturer et stériliser les chats errants pour ensuite procéder à leur relâcher. Mme Deneault a choisi une autre alternative. La ville s’est engagée à fournir des cages trappes accompagnées d’un montant de $100.00 aux citoyens désireux d’aider les chats abandonnés. Après la capture, le service des travaux publics a le devoir de diriger ces gens vers un organisme d’adoption.

Passion Cat Pat a quand même obtenu l’argent désiré ($2,000.00) pour l’euthanasie des chats errants incurables (malades ou gravement blessés).

 À St-Lazare , c’est CASCA, le Comité d’Aide et Secours aux Chats Abandonnés qui s’occupe de l’adoption après la stérilisation. La ville dégage un montant chaque année pour poursuivre son programme de contrôle des chats errants sur son territoire.

À Outremont, le service de sécurité publique a opté pour une solution modérée. Ne voulant pas capturer de chats non identifiés pouvant appartenir à des citoyens, la ville n'intervient que pour les chats malades ou blessés. Par ailleurs, elle demande aux occupants de son arrondissement d’être tolérants à l’égard des chats qui s’installent souvent temporairement chez les voisins pendant l’été.

Nous tous :

  • Stériliser, vacciner et identifier nos chats:
  • chacun de nous peut aider les chats errants de son entourage. Pour commencer, occupons-nous de nos propres chats. Tous ceux et celles qui ont des chats devraient se faire un devoir de les faire stériliser et vacciner. Il ne coûte que quelques dollars de plus de les identifier grâce à un collier et un médaillon comportant leurs coordonnées. Peu importe s'ils sortent à l’extérieur ou non. Même les chats d’intérieur peuvent sortir par inadvertance et se perdre. Il n’est pas rare de trouver des chats dégriffés, non identifiés et complètement démunis lorsqu’ils se retrouvent à la rue.

Lorsqu’il est possible d’approcher un chat qui rode depuis un certain temps dans les parages, il est simple de lui mettre un collier à un dollar (ou en papier cache) avec un message du genre : «  Ce chat appartient-il à quelqu’un ? » Nous pouvons ajouter notre numéro de téléphone ou attendre la réponse en vérifiant régulièrement le collier du chat. Si après quelques semaines, personne n’a répondu à notre message, il y a de fortes chances que ce chat soit laissé à lui-même.

  • Recueillir des informations sur les chats errants :
    Le sexe, l’âge approximatif, est-il jeune ou plutôt âgé? Si c’est un mâle, est-il stérilisé? La couleur, longueur des poils etc.
  • Contacter l’organisme de secours animal le plus près de chez-vous :
    L’association que vous contacterez vous demandera peut-être s’il est possible pour vous de garder le chat temporairement. En attendant de trouver une famille d’adoption lors des journées d’adoption, le chat a besoin d’un foyer d’accueil temporaire. Cela ne vous engage à rien.
  • Nourrir et abriter les chats errants à l’extérieur : quelques conseils pratiques :
    • En hiver, ne pas nourrir les chats errants avec de la nourriture pour chiens. Vous direz que c’est mieux que rien, mais les chats en général ont besoin d’un apport protéique beaucoup plus élevé que les chiens. Certaines nourritures pour chien contiennent un % de protéines insuffisant pour les chats, surtout s’ils vivent exclusivement à l’extérieur et qu’ils sont sans abri et doivent combattre des froids intenses. Ceci équivaudrait à donner du pain blanc aux oiseaux pendant les températures hivernales extrêmes. Cet aliment est bourratif, mais non nutritif.

    • Il est préférable, comme pour les chats d’intérieur, de donner toujours la même sorte de nourriture aux chats errants. Cela évitera de déstabiliser leur transit intestinal. Ils vivent bien assez de stress, épargnons à leur système digestif de devoir s’adapter à des croquettes variées.

    • L’eau est très importante. Ils ont besoin d’une eau propre, froide en été, tiède en hiver. Elle aide, avec la nourriture, à maintenir une bonne hydratation de l’organisme.

    • Si vous offrez un abri, choisissez des matériaux qui conservent la chaleur comme des grandes boîtes de styromousse ( 85 cm X 30 cm) que vous pouvez vous procurer dans les pharmacies ou dans les grandes surfaces alimentaires.

    • Pour isoler vos abris, les surélever avec des pattes de bois pour laisser passer l’air en dessous. L’air est un isolant en soi. Pour isoler l’intérieur, prioriser les couvertures en pure laine que vous pouvez facilement trouver dans les boutiques de surplus d’armée (il y en a plusieurs, côte à côte, sur la rue St-Laurent entre de Maisonneuve et Ontario). Éviter les couvertures synthétiques ou les matériaux qui gardent l’humidité. Le froid humide est inconfortable et plus difficile à combattre.

    • Si votre abri est rectangulaire, faites l’entrée à une de ses extrémités plutôt qu’au centre. Le chat peut alors se réfugier vers le bout opposé de l’entrée, sans qu’il soit exposé au vent et à la neige. Aussi, il gardera plus aisément sa chaleur.

    • Si votre cabane est suffisamment haute et que vous disposez d’une prise électrique extérieure, vous pouvez la rendre plus douillette en installant, pour la nuit, une ampoule d’environ 20 ou 40 watts au plafond. Cependant, des précautions sont à prendre pour éviter le feu si la construction est en matériaux inflammables. Il suffit de mettre une assiette à tarte en aluminium renversée entre l’ampoule et le réceptacle, ou se procurer, pour une quinzaine de dollars, une baladeuse (ampoule entourée d’une cage de métal) dans une quincaillerie. Coupez ou recouvrez le crochet de la baladeuse par mesure de sécurité. En plus de fournir de la chaleur à votre locataire, l’humidité sera chassée.
L’AVENIR DES CHATS ERRANTS

 

Depuis longtemps, plusieurs villes essaient, tant bien que mal, de réduire la surpopulation des chats errants par l’euthanasie. Il en faut peu pour conclure qu’ils ont démontrés, peut-être à leur insu, que cette méthode de contrôle animal est totalement inefficace.
En effet, les chats errants demeurent toujours aussi nombreux jours après jours, années après années.

Pourtant, il existe une alternative écologique à l’euthanasie : la stérilisation (et j’ajouterais la vaccination et l’identification pour faire un bon travail). Écologique parce que les chats errants jouent depuis toujours un rôle important dans le maintien sanitaire des agglomérations. Ils sont de véritables filtres contre certains petits mammifères qui représentent des risques et des dangers beaucoup plus sérieux pour les populations humaines. Nous en avons eu la preuve avec la peste noire, le fléau de l’humanité qui a le plus fait parler de lui, l’épidémie la plus meurtrière de l’histoire du XIVème au XVIIème siècle, d’abord en Asie centrale, en Inde puis en Europe. Transmise par les rats en profusion suite à l’extermination des chats, la peste s’est vite propagée par les navires de commerce envahis par ces rongeurs.

La stérilisation est louable pour des raisons incontestables. Dans un premier temps, elle empêche la prolifération en stabilisant et en équilibrant les populations qui continuent d’être utiles en protégeant les humains contre les petits mammifères qui risqueraient, en trop grand nombre, de devenir des agents contaminateurs et dévastateurs. Dans un deuxième temps, la stérilisation neutralise les problèmes d’odeur d’urine, les appels déchirants en période de fécondité et les hurlements des combats entre mâles.

Quant à la vaccination, elle est complémentaire à la stérilisation. On ne parlera jamais assez de son importance, surtout pour les chats qui vivent beaucoup ou exclusivement dehors. Les refuges peuvent témoigner qu'un nombre effarant de chats trouvent difficilement un foyer parce qu'ils ont contractés une ou des maladies contagieuses irréversibles. Chez les jeunes chats, les premiers vaccins (et leur rappel à un mois d'intervalle) sont très importants. Ils représentent leur passeport de santé pour la vie, même si ces vaccins ne sont pas renouvelés à chaque année. Faire vacciner son chat tous les 5 ans devrait lui apporter une protection acceptable.

Les chats en santé intéressent naturellement plus les gens que les chats ayant l’air mal-en-point. Ils ont plus de chances d’attirer l’attention et la sympathie des personnes susceptibles de les aider ou à tout le moins, d’accepter leur présence et partager le même espace. De ce fait, ils se font adopter plus facilement, même si certains préfèrent continuer de vivre à l’extérieur, à proximité de leurs bienfaiteurs. Au moins, ils ne sont plus laissés à eux-mêmes.

La fondation 30 millions d’amis, en France, gère les populations de chats errants pour certains hôpitaux et maisons de retraite par la stérilisation, le tatouage et des soins de base. Des Chats LM (cabanes à chats) sont même installés pour les protéger. Cette première en matière d’action pour la protection des chats dits « libres » a été légalisée en janvier 1999 par l’article 8 de la loi 99-5.

Mais, plus près de nous, en plein coeur d'Ottawa, siège sur la colline Parlementaire un Sanctuaire où résident plus d’une trentaine de chats orphelins (ils demeurent libres sans être errants). Ils peuvent circuler à leur guise hors des lieux protégés, mais une immense clôture en fer forgé empêche les gens de s’y introduire. Cette initiative qui date de la fin des années 1970 a été entreprise par madame Irène Desormeaux, décédée en 1987. Elle a été succédée par M. René Chartrand qui l’a toujours appuyée depuis le début de cette aventure. Malgré le décès de son épouse en 1990, M. Chartrand (83 ans) n’a jamais failli à sa tâche. Il se rend tous les jours sur la colline parlementaire pour s’occuper bénévolement des « Chats du Parlement ». Il les nourrit, entretient leurs abris et contacte les vétérinaires pour les soins de base. Le coût de ces opérations s’élève à environ $6,000.00 par année. Ces chats, préalablement stérilisés, sont vaccinés chaque année. Selon M. Chartrand, certains vétérinaires font don de leurs services, mais ce n’est pas la majorité d’entre eux. Malgré les apparences, le projet ne reçoit aucune subvention ou aide ponctuelle du gouvernement fédéral, leur voisin immédiat. Le sanctuaire subsiste seulement grâce aux dons.

Cliquez ici pour voir des photos du Sanctuaire sur la Colline Parlementaire

Si un jour vous rendez visite aux chats du parlement, vous trouverez sur place une boîte de dons qui vous permettra de contribuer financièrement à cette mission. Vous pouvez aussi aider la cause en envoyant une contribution par courrier à l’adresse suivante (Merci !) :

M. René Chartrand
160 rue Charlotte
Apt. 1207
Ottawa (Ontario)
K1N 8Z5

Voir les vidéos : « Les vrais histoires des chats de la Colline du Parlement »

Brian Jungen, un artiste peintre engagé totalement dans la cause animale, s’est inspiré du « sanctuaire des chats » sur la colline Parlementaire pour créer une exposition solo « habitat 04 » qu’il a présenté à Montréal. Son intention était d’appuyer la SPCA (en sollicitant la présence de véritables chats pour habiter ses installations), mais le but ultime de son oeuvre était de concevoir un mécanisme d'adoption des chats sur place.

Ainsi, il y a de l’espoir pour les chats errants ! Ils pourraient bien passer un jour du statut de « chats errants » à celui de « chats libres ou orphelins » ! La différence c’est qu’ils ne seraient plus dans un « état d’errance ». Ils seraient pris en charge (alimentation, habitation, stérilisation, vaccination et adoption) par des sanctuaires, des organismes de secours animal, des associations résultant d’une convention entre une ville et un organisme de protection des animaux, ou même un engagement tripartite incluant une fondation.

Retour aux titres

 

LES SOURCES  :

1. SPCA de Montréal Statistiques
2. Le nouvel observateur no. 2200, À quoi sert le chat par Frédéric Vitoux, p. 12.

LIENS MENTIONNÉS DANS CE TEXTE :

Montréal Express
Les raid’dingues de chats
Animal-Services, référence de la santé animale
Projet Sphinx

Qu’advient-il  des chats à Rosemère? Nord-Info : actualités du 24 février 2007
CASCA : Comité d’Aide et de Secours pour les Chats Abandonnés
Ville de Montréal, arrondissement d’Outremont
Fondation 30 millions d’amis
Le blog de Maria Dorfinkley
Les archives de Radio-Canada
Explorer la Colline

Pour tous commentaires, écrire à Silvie Drapeau

Ce texte ne peut être reproduit qu'avec la permission de l'auteur 
© 2005 Aequo-Animo - Tous droits réservés