LES USINES À VEAUX DU QUÉBEC

  

LE VEAU DE LAIT

 Son seul univers consiste à voir l'arrière de la niche qui se trouve face à lui (Photo 2008) 

La majorité des veaux destinés à devenir des veaux de lait ou de grain sont achetés directement auprès de fermes laitières, à des acheteurs ou des négociants en veaux. Pour obtenir une grande quantité de veaux en quelques jours, on les achète à des ventes aux enchères.

 

Veaux en niches derrière des étables de vaches laitières du Québec (photos 2007)

Contrairement à la croyance populaire, la viande de «veau» vendue au Québec ne provient pas d’un veau allaité et élevé par sa mère. Dans l’élevage industriel du veau, aussitôt qu’une vache «laitière» donne naissance à un mâle, on lui retire immédiatement son petit ou quelques heures seulement après sa naissance (1). Âgé d’à peine une semaine, le petit veau est ensuite embarqué dans un camion et mis en vente soit à l’encan, soit dans un marché à bestiaux, à des acheteurs ou à des négociants en veaux. Castré et écorné sans anesthésie à sa naissance ou un peu plus tard, il est ensuite acheminé chez un éleveur de veaux de lait et confiné dans une petite niche individuelle.

   

Élevage de veaux du Québec-Photo 2007

Élevage de veaux du Québec-Photo 2008 

 

Au Canada, la majorité des élevages de veaux de lait se pratique en cage de contention.

 

Élevage de veaux du Québec-Photo 2008 

Fabriquées en bois, en acier ou en plastique, ces niches sont situées soit à l’intérieur, soit à l’extérieur d’une étable ou d’un bâtiment de machinerie agricole. Habituellement, de 100 à 300 niches, généralement appelées «logettes», «huttes», «huches» ou «igloos» sont regroupées en allées d’une cinquantaine. Alignées les unes à côté des autres, certaines niches se font face, et d’autres sont placées de façon à ce que les veaux ne puissent jamais se voir les uns les autres… encore moins avoir de contact entre eux ! Attaché en permanence dans sa petite niche, le veau ne peut pas avancer une seule patte sur l’herbe. Ce système de confinement total, empêche le veau de développer ses muscles et de brûler des calories ce qui maximise un gain de poids rapide. Et, plus le veau grossit, plus son espace devient restreint ! Il urine et défèque à même sa niche, qui, surtout lorsqu'elle est à l’extérieur, est envahie par les mouches et autres insectes. Lorsque le temps est chaud et humide, les niches de plastique, plus particulièrement si elles sont exposées en plein soleil, deviennent de véritables étuves- en hiver, de vraies glacières…   

Élevage de veaux du Québec-Photo 2008

Si, dès leurs premiers jours, certains veaux sont nourris au biberon, d’autres doivent tout de suite apprendre à boire dans un seau. Le jeune veau est nourri pendant une soixantaine de jours avec un lait de remplacement en poudre dilué dans de l’eau qui sera plus tard enrichi de gras. De sa naissance à sa mort, le veau ne pourra consommer que ce lait de remplacement pauvre en fer et en fibres. Jamais il ne goûtera à l’herbe fraîche. Sa chair doit rester pâle et tendre.    

 

Ces veaux anémiés, fragilisés, souffrent de diverses maladies, et, pour pallier au stress, aux mauvaises conditions d’hygiène et de logement et à une alimentation inappropriée, de nombreux médicaments sont ajoutés dans leur lait de remplacement, en particulier des antibiotiques et des stimulateurs de croissance hormonaux. Dans l'industrie du veau laitier, un veau sur cinq meurt d'une maladie quelconque.  

 

Un producteur fait-il encore la différence entre une créature qui souffre et un objet manufacturé, quand il appelle un veau « le produit de la vache » ? (Armand Farrachi)

 

  Élevage de veaux du Québec (Photo 2008)

Bien que l’on jugerait extrêmement cruel le fait de garder un chien attaché pendant des mois à l’intérieur d’une niche, qui plus est sans le nourrir adéquatement, notre société tolère cette cruauté pour les veaux qui sont pourtant eux aussi, des animaux sensibles, sociaux et intelligents. Dans des conditions naturelles, les veaux développent une relation exclusive avec leur mère. Ils sont actifs et interagissent avec les autres veaux. Il est dans leur nature de se lécher ou de se frotter mutuellement, de se donner des petits coups de tête …  Il est aussi dans leur nature de brouter l’herbe des prés ! La séparation d’avec leur mère, leur isolement total et le manque d’activités entraînent chez les veaux un stress chronique considérable. 

 

Le Québec produit environ 175,000 veaux laitiers annuellement.  60% de la production de viande de veau est vendue à l’extérieur de la province.

 

Pesant approximativement 440 livres (200 kilos), âgés entre 18 et 20 semaines, n’ayant jamais exercer leurs muscles, ils peinent à avancer, lorsque tirés de leur niche pour être rassemblés dans un enclos, ils sont dirigés dans un camion à l’aide d’aiguillons électriques et conduits à l’abattoir: un voyage qui se déroule sous toutes les conditions climatiques, vent, pluie, neige, froid extrême ou chaleur intense, sans système de ventilation ou de chauffage. Lors de ces transports dont la durée peut parfois s’étendre sur plusieurs heures, voire plusieurs jours, les veaux n’ont rien à boire, ils n’ont droit à aucun repos et certains arrivent à destination malades, blessés, estropiés. Ceux qui sont incapables de se relever sont traînés au sol jusqu’à l’abattoir.  

 

LE VEAU DE GRAIN ET LE VEAU CHARLEVOIX  

 

Le veau de grain est consommé principalement au Québec et en Ontario, alors que le veau de lait est principalement exporté vers les États-Unis.

 

 

Élevé en confinement total comme le veau de lait, le veau de grain est, quant à lui, nourri avec un lait de remplacement en poudre jusqu’à l’âge de 6 à 8 semaines, puis, il est engraissé avec des suppléments de protéines et du maïs. Lorsqu’il a atteint le poids désiré (environ 300 kilos), âgé d’environ 24 semaines, il est vendu aux enchères, à un courtier, ou expédié à l’abattoir.  L’alimentation du veau Charlevoix est constituée de lait, de grains et de foin. Il est abattu lorsque son poids est à mi-chemin entre celui du veau de grain et le poids du veau de lait et sa chair est principalement destinée aux restaurateurs.

 

 LES VACHES LAITIÈRES  

Les femelles mises au monde par les vaches laitières, (pour la plupart des vaches de race Holstein) subissent le même sort que leur mère : prisonnières à l’intérieur d’une étable, souvent enchaînées, les vaches ne peuvent,  pour la majorité d’entre elles, jamais paître paisiblement dans l’herbe, ni jamais s’allonger au soleil. Inséminées artificiellement à répétition, elles sont forcées de produire un veau tous les ans et toujours plus de lait. Nombreuses sont celles qui meurent d'épuisement, de maladies. Leurs carcasses sont parfois jetées derrière l'étable ou données à des trappeurs qui les utilisent comme appâts pour capturer des animaux sauvages. Alors que l'espérance de vie des vaches est d'au moins une vingtaine d'années, après seulement 4 ou 5 ans ou dès que leur production est ralentie, alors appelées «vaches ou bovins de réforme», elles sont envoyées à l’abattoir et transformées principalement en «boeuf» haché.  

 

Derrière un bâtiment agricole du Québec: vaches mortes parmi des vaches vivantes allongées - photo 2007

 

Transport de vaches vers un abattoir - Direction Québec - Photo 2008

Plusieurs États américains ont déjà banni l’utilisation des niches à veaux individuelles et d’autres sont en voie de les interdire. En Europe, depuis le 1er janvier 1998, il est interdit d’emprisonner les veaux dans des niches individuelles après l'âge de 8 semaines. Il est aussi interdit de les attacher. De plus, les veaux âgés de plus de 2 semaines doivent recevoir une nourriture contenant suffisamment de fer, et un apport quotidien d’aliments fibreux (alimentation solide) à leur ration alimentaire est obligatoire. Avant 8 semaines, les logettes des veaux doivent être disposées de façon à permettre un contact visuel et tactile direct entre les veaux, et, les dimensions des logettes doivent procurer une aire d’exercice suffisante. (Directive 91/629/CE du Conseil)  

Au Canada, seuls des codes de pratiques sont recommandés pour les soins et la manipulation des animaux de ferme, mais ces codes reposent uniquement sur la bonne volonté de l'éleveur, sauf dans les provinces de l'Île-du-Prince-Édouard et du Manitoba. Au Québec, l’infraction de cruauté envers les animaux, prévue au Code criminel (Loi P-42), (Loi sur la Protection Sanitaire des Animaux) protège les animaux de ferme contre certaines cruautés mais ne les protège pas des souffrances qui leur sont infligées par les systèmes d'élevage. Ainsi, comme pour bien d'autres «animaux de boucherie», dans l'industrie de la viande, le confinement en cage des veaux est considéré comme une pratique tout à fait normale. 

 

NE SOYONS PAS COMPLICES DE CES SUPPLICES 

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Depuis que vous avez ouvert cette page web, voici, dans le monde, le nombre d'animaux qui ont été abattus pour leur viande. Et, même s'ils ne figurent pas sur ce compteur, tous les ans des milliards d'autres animaux sont tués dans l'industrie de la viande, des produits laitiers et des oeufs: chevaux, chevreuils, chèvres, grenouilles, oies, mammifères marins, poissons, crustacés, etc.

Aujourd’hui plus que jamais, nous savons que tous les animaux sont des êtres sensibles et intelligents, qu’ils peuvent ressentir la douleur, l’ennui, le stress. Aujourd’hui plus que jamais, nous savons que dans notre pays, il est possible de se nourrir autrement, que tous les laitages, toutes les protéines animales, peuvent facilement être remplacés par des produits végétaux qui sont non seulement meilleurs pour notre santé, mais aussi meilleurs pour notre environnement et la vie en général. Il n'en tient qu'à nous de ne pas être complices de la souffrance infligée aux animaux.   

(1) Comme le veau naît dépourvu d’anticorps, s’il est laissé à sa mère pendant quelques heures, c’est uniquement pour qu’il puisse boire le colostrum de sa mère indispensable à son système immunitaire. Si le veau est retiré immédiatement de sa mère, le colostrum lui est administré à l’aide d’une sonde gastrique.  Les surplus de colostrum sont parfois congelés et utilisés ultérieurement pour nourrir d’autres jeunes veaux.

D. Leiba, août 2008

 

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Sources et liens consultables:

Agence canadienne d'inspection des aliments

Agri-Réseau

Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada

Conseil canadien de protection des animaux

Loi sur l'inspection des viandes

Ministère de l'Agriculture, de l'Alimentation et des Affaires rurales (Ontario)

Santé Canada

Directive du Conseil 91/629/EEC du 19 novembre 1991 établissant les normes minimales relatives à la protection des veaux

Directive du Conseil 97/2/EC du 20 janvier 1997 modifiant la directive 91/629/CEE établissant les normes minimales relatives à la protection des veaux 

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