Lettre adressée à Monsieur Claude Charron, journaliste, chroniqueur et animateur au Journal Télévisé de TQS  


 

1 décembre 2005 

Bonjour Monsieur Charron,

J'ai écouté aux nouvelles de 17 heures, quelques-unes des entrevues sur les changements climatiques ainsi que votre commentaire.

Ce que je trouve toujours dommage lorsque l'on parle de pollution environnementale et des mesures à adopter pour "arrêter le massacre dont nous sommes responsables" est de toujours mentionner uniquement le transport et d'oublier (en se mettant des oeillères peut-être ? ce ne serait pas tellement surprenant puisque quand il s'agit de ses intérêts personnels, on repousse bien vite du revers de la main ce par quoi nous-mêmes péchons -ne serait-ce qu'en détournant le problème vers les Etats-Unis car pour quiconque à qui profite une pratique, il est bien difficile de la remettre en cause ou de se remettre soi-même en question) et "d'oublier", ou de repousser donc, cette autre cause hautement responsable de la pollution et à laquelle chacun concourt allègrement et quotidiennement jusqu'à 3 fois par jour, 365 jours par année, soit la pollution par la consommation de viande.

Chacun de nous ne conduit pas quotidiennement une camionnette de livraison ni n'utilise une automobile personnelle pour se rendre à son travail par contre bien davantage mettent de la viande dans leur assiette et beaucoup de ressources sont ainsi inutilement sollicitées. (ne serait-ce que pour rester dans les transports, le transport de bétails est une énorme source de pollution...) Si on tient véritablement à freiner la pollution, il ne suffit pas de se satisfaire d'utiliser les transports en commun en se lavant les mains du reste, car, plus encore, polluant à la fois, les terres, les eaux, la vie aquatique et l’atmosphère, l’industrie de l’élevage fait partie des secteurs les plus responsables de la pollution environnementale et chacun de nous, automobiliste ou piéton, a ici la possibilité d'agir pour limiter cette pollution.

Les cochons du Québec produisent en sol québécois, tout près de dix millions de tonnes d’excréments, ce qui constitue un véritable fléau environnemental pour la province qui ne dispose plus suffisamment de surfaces agricoles pour recevoir tout le fumier produit.

La moitié de la consommation d’eau douce utilisée pour les activités humaines est destinée à la production de viande et de produits laitiers. D’un point de vue écologique on peut parler d'un véritable gaspillage.

La moitié de la pollution des réserves d’eau est due aux élevages massifs, incluant les élevages de poisson. La pollution des réserves d’eau due à la production de viande provient principalement des déjections d’animaux d’élevages intensifs qui sont soit évacuées directement dans les lacs et les nappes phréatiques ou qui, déversées comme fertilisants sur les champs, contaminent les sources d’eau -générant des micro-organismes, responsables de diverses intoxications chez l’être humain dont certaines mortelles.

Le lisier animal dégage des gaz nocifs qui se répandent dans l'atmosphère et contribuent à l'effet de serre. Le lisier dégage de l’ammoniac gazeux, principal responsable des pluies acides. La moitié des émissions de gaz d'ammoniac NH3, soit 20 millions de tonnes par an, est liée aux déjections animales.

Cent millions de tonnes d’azote provenant des déjections animales sont rejetées dans les écosystèmes. Le protoxyde d’azote (N2O) provenant du lisier participe à la destruction de la couche d’ozone. Au tout début de l’année 2000, on évaluait que l’agriculture représentait 27% des rejets atmosphériques de ce gaz toxique. La pollution atmosphérique par l’industrie de l’élevage contribue donc elle aussi au réchauffement climatique.

Sans compter que le gras animal est responsable de coûts sociaux fort élevés provenant de la malbouffe et de tout un cortège (un corbillard, devrais-je dire) de problèmes médicaux: obésité, diabète, problèmes cardio-vasculaires, différents cancers, etc...)

Chacun de nous peut effectivement faire en sorte de stopper l'hémorragie tant du point de vue environnemental, de la santé, que de celui du bien-être des animaux. Ce que nous mettons dans notre assiette, ou en excluons, peut participer à l'interruption -ou à l'accroissement des dommages causés à cette planète ainsi qu'à la vie qu'elle abrite encore. Il ne faudrait donc pas toujours négliger le fait que nos choix alimentaires ont un réel impact sur notre empreinte écologique ainsi que sur les conditions de vie des animaux, les premiers et les plus grands oubliés. Je trouve désolant que la plupart des écologistes n'en parlent jamais ou alors souvent bien vite et du bout des lèvres alors qu'il n’existe aujourd’hui aucune réelle nécessité de consommer de la chair animale, d’autant qu’il a été depuis longtemps, scientifiquement prouvé que nous pouvons satisfaire tous nos besoins essentiels et nutritionnels par une alimentation végétarienne équilibrée et qu’il n’a jamais été plus facile de trouver autant de produits végétariens sur les tablettes de nos épiceries.

Merci beaucoup, monsieur Charron, d'avoir pris le temps de lire ce courriel un peu long.

 

Cécil Gagnon
Aequo Animo
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