Lettre adressée à Madame Isabelle Maréchal, Journaliste - TQS Le Grand Journal

Réf.: À poil contre les poils ! Pour dénoncer les fournisseurs de fourrure, cinq personnes d’organismes québécois et américain se sont complètement dénudées face à la boutique BEDO, rue Sainte-Catherine, à Montréal.


TQS - Le Grand Journal
Édition 16h30
À l’attention de Madame Isabelle Maréchal
imarechal@tqs.ca

15 janvier 2006

 

Sujet: Quand l’appât du gain est plus fort que la pitié !



Bonjour Madame Maréchal,


À votre bulletin de nouvelles télévisées du 13 janvier 2006, un représentant de l’industrie de la fourrure du Canada était brièvement interviewé pour commenter une manifestation anti-fourrure qui venait d’avoir lieu au centre-ville de Montréal. Étaient également présentés aux téléspectateurs, lors de ce bulletin de nouvelles, des extraits d’une vidéo filmée en Chine, où des animaux étaient torturés de façon ignoble afin de leur retirer leur pelage. Les manifestants dénonçaient le fait que ces « produits de la torture » soient importés par de nombreux pays, incluant le Canada. Le représentant de l’industrie de la fourrure s’est empressé d’«éteindre le feu » en affirmant que ces images étaient truquées, que la fourrure vendue au Canada n’était pas obtenue de cette façon et que des groupes de défense animale n’avaient pour seuls buts que de nuire à l’industrie de la fourrure et d’amasser des fonds pour leurs organisations. D’ailleurs, ce dernier argument, provenant d’une industrie qui est devenue prospère sur le dos (avec la peau) des animaux est plutôt étonnant ! Pour étayer ses dires, il nous a ensuite présenté 2-3 visons d’élevage à l’intérieur d’une cage « proprette », en affirmant qu’au Canada, les animaux utilisés pour confectionner des manteaux étaient bien traités … ! Il a aussi pointé les défenseurs des animaux d’accuser injustement les « mauvais Chinois » de cruauté envers les animaux en prenant pour exemples un ou deux cas d’exception.

En 1998, la Humane Society of the United States (HSUS) révélait l’existence d’un commerce à l’échelon mondial, de fourrures de chiens et de chats élevés en Asie et tués dans des conditions abominables. Les peaux de ces animaux martyrs étaient principalement vendues comme garnitures, et sous des appellations trompeuses, en Europe et dans le monde. Les Etats-Unis ont ainsi adopté le 14 novembre 2000, une loi interdisant l'importation et la vente de tout produit composé de chats et de chiens sur leur territoire. Outre les Etats-Unis, la France, l’Italie, le Danemark, la Belgique et la Suisse ont également pris des dispositions afin de mettre un terme à ce honteux trafic. En décembre 2003, le Parlement Européen a même adopté une déclaration écrite visant à mettre fin au commerce de produits contenant de la fourrure de chiens et de chats. Un peu partout, on tente de mettre fin à cet ignoble trafic, … un peu partout, sauf au Canada, où notre pays en est encore dans cette histoire qu’à ses tous premiers balbutiements ! À grands coups de matraquage publicitaire, non seulement l’industrie de la fourrure du Canada, manipule-t-elle la population en lui vantant ses produits, mais en plus, malgré le fait que depuis de nombreuses années, d’innombrables questions et lettres de protestation adressées par des organismes de défense animale et de citoyens concernés ont été acheminées aux gouvernements du Québec et du reste du Canada, ces derniers font toujours la sourde oreille.

Puisque notre pays n’a pas encore daigné se pencher sur cette question et qu’il n’a jamais fait enquête, il peut être dans ce cas difficile de prouver que des peaux de chats et de chiens d’Asie sont effectivement vendues dans notre pays étant donné que, comme l’ont fait d’autres pays, seules des analyses d’ADN par des laboratoires (totalement indépendants de l’industrie de la fourrure), ont pu en apporter la preuve formelle, mais, considérant l’importation massive dans notre pays de fourrures en provenance de l’Asie, il est également toutefois très naïf de présumer qu’il ne s’en vend pas chez nous !

Les consommateurs Canadiens ont le droit d’être informés de la réalité des conditions de vie monstrueuses dans lesquelles sont élevés et mis à mort tous les ans des millions d’animaux servant à la production des fourrures. Car, qu’elles proviennent d’Asie ou d’ailleurs dans le monde, qu’elles proviennent d’animaux piégés, chassés dans la nature ou dépecés vifs sur la banquise, qu’elles proviennent d’animaux d’élevage, toutes les fourrures sont obtenues par la cruauté. Faire la promotion, la vente, ou se procurer en toute connaissance de cause et par simple coquetterie de la peau animale, est en soi un acte de cruauté et de violence dans un pays ou seule une infime minorité de gens doivent absolument y avoir recours pour se tenir au chaud.

Aequo Animo
B.P. 251, succ. Dorval/Pte-Claire
Pointe-Claire, Qc
H9R 4N9
Canada
 


Translation of this same letter for our English readers 

 

January 15, 2006

Subject: When money is more highly valued than pity! 

 

In your news bulletin televised on January 13, 2006, a representative of the Canadian fur industry was briefly interviewed to comment on an anti-fur demonstration which had just taken place in the Montreal downtown area. Also presented during this news bulletin, were extracts of a video filmed in China, where animals were tortured by being skinned alive. The demonstrators were denouncing the fact that these furs were being imported by many countries, including Canada. The Canadian fur industry representative hastened to dismiss these images by stating that they were staged and fake. He also suggested that fur sold in Canada was not obtained in this way and that the main goal of animal defense groups were to harm the fur industry and pile up funds for their organizations. One must admit that coming from an industry that became prosperous off the skins of defenseless animals, this last argument is rather astonishing! To support his statements, this representative then showed a short video of 2-3 minks (in a clean cage) raised in a fur farm stating that "in Canada the animals used to make coats are well treated"...! He also accused animal rights groups of unjustly accusing "those nasty Chinese" of being cruel to animals by showing one or two exceptional cases of animals being tortured in that country. 

In 1998, the Humane Society of the United States (HSUS) revealed the existence of an Asian dog and cat fur trade, where animals are raised and killed in horrible conditions and their skins are exported to many countries around the world, mainly as fur trim and under misleading labels. Therefore, on 14 November 2000, the United States adopted a law prohibiting the importation and the sale of any product which included cat and dog fur. In addition to the United States, France, Italy, Denmark, Belgium and Switzerland also made provisions to put a stop to this shameful trafficking. In December 2003, the European Parliament adopted a written declaration aimed at putting an end to the trade of cat and dog fur. While many countries are working to eliminate this wretched trafficking, Canada remains in diapers with respect to this issue! With its hyped publicity campaigns, the Canadian fur industry misleads the Canadian population by glorifying its products. Moreover, in spite of the fact that for many years, numerous questions and letters of protest addressed by animal defense organizations and concerned citizens were sent to the governments of Quebec and Canada, these concerns are still falling on deaf ears. 

Since our country has not yet addressed this question and has not yet performed any investigations, it is difficult to prove that cat and dog skins from Asia are actually being sold in our country. Like other countries have already done, our government (independently from the fur industry) must conduct DNA analyses of fur products to ensure that they do not contain cat or dog fur. However, considering the mass importation of Asian furs to our country, it is very naive to suppose that cat and dog fur are not being sold on Canadian soil. 

Canadian consumers have the right to be informed of the reality of the monstrous living conditions in which animals are raised and put to death each year for the production of fur. Furthermore, whether fur comes from Asia or anywhere else in the world, whether it comes from animals trapped in the wild or from hunting, whether it comes from animals raised in fur farms or from seals skinned alive on the ice floes, all furs are obtained by cruelty. To promote the sale of furs, or to conscientiously buy fur, is in itself an act of cruelty and violence in a country where only a very small minority of people must absolutely use the skins of animals to keep warm.

Aequo Animo
B.P. 251, succ. Dorval/Pte-Claire
Pointe-Claire, Qc
H9R 4N9
Canada

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