Témoignages


COMMENT ILS SONT DEVENUS VÉGÉTARIENS

 

Joanne, végétarienne pendant 2 ans, vegan depuis un an 

 

Joanne fait partie de l'équipe d'Aequo Animo

 

 

 

Joanne au "Farm Sanctuary" à Watkins Glen dans l'État de New-York

du 5 au 8 août 2005

Image-Gracieuseté Garry Choo

 


J'ai toujours aimé les animaux et pendant mon adolescence j'ai parfois songé à devenir végétarienne. Mais, c’était plus facile de manger comme tous ceux et celles qui m’entouraient.  

 

 

 

Joanne au "Farm Sanctuary" à Watkins Glen dans l'État de New-York

du 5 au 8 août 2005

Image-Gracieuseté Garry Choo

 

 

Il y a environ deux ans, je suis allée à une conférence de Jeffrey Masson à l’Université Concordia. Son livre, "The Pig Who Sang to the Moon - The Emotional World of Farm Animals" venait de paraître et monsieur Masson était venu pour discuter de son livre et du végétarisme.  Cette conférence m’a émue et m’a fait réfléchir à une foule de choses que je n’avais pas sérieusement considérées depuis bien longtemps. J'ai réalisé que j'avais le pouvoir et le choix de ne pas contribuer à la souffrance de tous ces êtres vivants élevés pour la consommation humaine. Après cette conférence, j'ai acheté le livre de monsieur Masson et je suis végétarienne depuis ce jour. Pendant l'année qui suivit, j'ai diminué graduellement ma consommation de produits laitiers et d'oeufs. Je suis devenue complètement végétalienne il y a presque un an, et maintenant j'ai un sentiment de paix intérieure que je n'ai jamais ressenti avant d'effectuer ce changement. Je ne peux rien imaginer de mieux dans la vie que d'être vegan!  

 


Karyne, végétarienne depuis 5 ans et maintenant vegan depuis 3 ans


Tout a commencé lorsque le médecin de mon conjoint a diagnostiqué qu'il faisait de l'arthrite généralisée. Une naturopathe que nous avions alors consultée lui a conseillé de couper la viande rouge de son alimentation et si possible de devenir complètement végétarien. Nous ne mangions déjà pas beaucoup de viande (environ 2 ou 3 fois par semaine) car nous vivions entourés d'animaux et le fait de savoir que nous mangions des êtres dont la vie leur avait été enlevée nous répugnait. On se fermait les yeux sur chacun de ces repas de viande. Alors, devenir végétariens n'a pas du tout été difficile car même avant que la naturopathe nous parle de végétarisme, nous avions le projet de devenir végétariens sauf que nous ne savions pas quoi manger. L'arthrite de mon conjoint a été l'élément déclencheur de notre changement alimentaire mais ça n'était qu'une question de temps car notre amour pour les animaux était trop fort pour continuer à les traiter comme de vulgaires aliments. On a donc appris à cuisiner sans faire souffrir et depuis, chaque repas a bien meilleur goût. Nous nous portons mieux puisque l'état de mon conjoint s'est grandement amélioré au niveau de son problème d'arthrite et en plus nous sommes bien dans notre tête par rapport à nos choix de vie.



Catou, végétarienne pendant 2 ans, vegan depuis 3 ans


Je suis devenue végétarienne lorsque j'ai compris qu'il n'était nullement nécessaire pour l'homme de se nourrir de chair animale pour rester en vie et en santé. Depuis toujours, cela m'attristait de penser qu'on tuait des animaux pour se nourrir. Je me disais -conditionnement culturel- qu'on n'avait pas le choix. Je pensais aussi qu'on évitait le plus possible de souffrances aux animaux élevés à cette fin. Quand j'ai ouvert les yeux sur la réalité, ce fut catastrophique. Je savais l'être humain capable du pire… et j'ai compris alors que je participais, sans le savoir, à ce pire… Et je ne parle pas de la vivisection ni de toutes les autres formes de brutalités gratuites infligées aux animaux.

 

Image-Gracieuseté Farm Sanctuary

Nathalie, végétarienne depuis 12 ans, vegan depuis 3 ans ½


Une compagne de classe qui adorait les animaux m'a fait ouvrir les yeux sur le fait que ce qui était dans mon assiette était un animal. Je pense que la mort ne peut pas apporter de bonnes choses, alors si en plus on la consomme…


Line, vegan depuis 17 ans


J’ai arrêté de manger des animaux il y a 20 ans. Pendant des années, j’ai consommé de la viande avec une mauvaise conscience inconfortable , mais pas plus. Puis, j’ai quitté la ville pour la campagne. Je crois que c’est en vivant plus près des animaux, en les regardant vivre que l’idée de les considérer comme de la nourriture potentielle m’est apparue aberrante. Je suis donc devenue végétarienne et je me suis sentie plutôt en paix avec moi-même, avec mes chaussures en cuir, mes pulls en laine et mon goût immodéré pour les produits laitiers et les pâtisseries ! Enfin, pendant un temps seulement… et puis j’ai lu des articles sur l’élevage industriel, sur l’enfer que vivent les vaches laitières, les veaux, les poules… J’avais conclu un peu rapidement qu’étaler du beurre sur une tranche de pain était un acte assez innocent. .. Mais comment continuer à consommer des produits issus de tant de souffrance, de peur et de morts ?

 

Image-Gracieuseté Farm Sanctuary


*** Linda McCartney ***

J'avais fait cuire un gigot d'agneau pour le repas. Tout en mangeant, Paul et moi admirions par la fenêtre de petits moutons gambadant dans le pré et c'est alors que nous avons réalisé à quel point nous étions hypocrites. Dès ce jour de 1974, nous sommes devenus végétariens.



*** Lamartine ***

Ma mère était convaincue, et j'ai gardé à cet égard ses convictions, que tuer les animaux pour se nourrir de leur chair et de leur sang est l'une des plus déplorables et des plus honteuses infirmités de la condition humaine; que c'est une de ces malédictions jetées sur l'homme. Elle croyait, et je crois comme elle, que ces habitudes d'endurcissement du coeur à l'égard des animaux les plus doux, ces immolations, ces appétits de sang, cette vue des chairs palpitantes, poussent les instincts du cœur à la cruauté et à la férocité.

 

Lettre d'un père 

 

Lettre adressée par un résident de San Francisco, Californie, au milieu des années "90, à John Robbins, auteur de "Se Nourrir sans Faire Souffrir" (Diet for a New America).                            

Cette lettre représente un message d’espoir pour tous.

Traduite en français par B.S.M. et reproduite avec la permission de M. John Robbins 

Site Internet de Monsieur John Robbins: The Food Revolution

 

 Monsieur Robbins,

 

Votre livre « Se Nourrir sans Faire Souffrir » a eu toute une influence sur ma famille. Il y a deux ans, j’aurais aimé vous tuer à cause de ce livre. Laissez-moi m’expliquer.

Je suis un homme qui a énormément de succès dans la vie. Je suis habitué à ce qu’on agisse selon mes désirs. Quand ma fille Julie était adolescente, elle a annoncé qu’elle voulait devenir végétarienne. Elle avait lu votre livre. 

J’ai pensé que c’était ridicule et ai insisté pour qu’elle arrête ces absurdités. Lorsqu’elle n’obéissait pas, je me mettais en colère. « Je suis ton père », lui disais-je « et je sais mieux que toi. » « Je suis ta fille, » me répondait-elle, « et c’est ma vie. »

Nous nous sommes souvent querellés à ce sujet. Nous ne nous entendions pas très bien, il y avait des tensions entre nous, mais elles semblaient toujours survenir à cause de ces débats sur le végétarisme. Ça me rendait fou. Selon moi, elle était irrespectueuse et obstinée, et elle voulait tout simplement que l’on agisse selon ses désirs. Elle disait la même chose à mon sujet.

Au début, ma femme et moi la forcions à manger de la viande, mais elle rouspétait tellement que l’heure des repas était complètement ruinée. Alors éventuellement, plein de ressentiment, nous avons capitulé et lui avons permis de manger ses repas végétariens. Mais je lui ai laissé savoir ce que je ressentais à ce sujet. "C’est correct d’être idéaliste", lui dis-je, "mais tu dois garder les pieds sur terre". "C’est correct d’être avocat", me répondit-elle, "mais tu dois garder ton cœur ouvert".  C’était terriblement exaspérant.

Une année, pour mon anniversaire, elle m’a préparé un petit-déjeuner au lit. Mais il n’y avait ni bacon, ni saucisse, ni même d'œufs. Cela a fait une autre histoire.

Je lui ai rappelé que c’était mon anniversaire, pas le sien. Elle a commencé à m’expliquer comment étaient traités les poules et les cochons, citant chapitre et verset de votre livre. Ceci n’était pas la première chose que je voulais entendre, le jour de mon anniversaire.

Après ses études secondaires, Julie quitta la maison. En fait, j’étais heureux  de son départ parce que j’en avais par-dessus la tête de cette situation. Il en était question à chaque repas. Je voulais qu’elle mange de la viande et elle refusait. Elle voulait que j’arrête de manger de la viande et je refusais. Il n’y avait aucun moment de paix. Mais après son départ, je me suis ennuyé d’elle. Je ne m’ennuyais pas des disputes, mais je me suis ennuyé d’elle beaucoup plus que je ne pensais qu'il en aurait été.

Plusieurs années plus tard, Julie s’est trouvé un mari et peu de temps après le mariage, elle devint enceinte. Quand notre petit-enfant est né, j’étais fou de bonheur. Mais bien sûr, ça ne dura pas. Comme de fait, Julie voulait que son fils, notre petit-fils, soit végétarien. Cette fois-ci, je fis acte d’autorité. « Tu peux ruiner ta vie si tu le veux », lui dis-je, « mais tu ne peux ruiner la santé de ce petit garçon innocent. »  Selon moi, ce qu’elle faisait était abusif. J’ai même considéré appeler les Services Sociaux. Je croyais qu’ils la forceraient à nourrir convenablement notre petit-fils, ou bien qu’ils le retireraient de sa domination. C’est seulement parce que ma femme m’en a empêché que je n’ai pas entrepris cette démarche.

Même si je me rendais compte que je pouvais (à peine) tolérer que Julie soit végétarienne, je ne pouvais simplement pas accepter qu’elle fasse cela à notre petit-fils. Avec le temps, la situation devint si horrible que Julie refusa totalement de me voir. Non seulement cette stupide obsession à propos du végétarisme me coûtait-elle ma relation avec ma fille, mais elle me coûtait aussi ma relation avec mon petit-fils parce qu’elle ne nous l'emmenait plus, ni même me laissait-elle les visiter. J’étais complètement coupé de sa vie.

Par contre, j’ai pensé que je devrais au moins « garder la porte ouverte »; alors par l’entremise de ma femme (Julie ne voulant même plus me parler), je lui ai demandé ce qu’elle voulait pour son anniversaire. Elle a dit que ce qu’elle souhaitait le plus était que je lise votre livre, "Se Nourrir sans Faire Souffrir". Je lui ai dit que cela serait impossible parce que ça demandait beaucoup trop de temps. Elle me dit alors que si je le lisais  réellement, pour chaque heure que j’y mettrais, elle me laisserait voir mon petit-fils pour le même nombre d’heures. Elle est intelligente. Elle connaît où sont mes points faibles.

Alors, Monsieur Robbins, j’ai lu votre livre. Je l’ai lu au complet, j’ai lu chaque mot. Ce qui m’a le plus marqué fut votre description du traitement réservé aux animaux à notre époque. Je n’avais aucune idée que ce fut si grave. C’est abominable et je suis d’accord avec vous qu’on ne doit pas permettre que cela puisse continuer. Je reconnais la cruauté quand je la vois, et celle-ci est extrême.

Je suis certain que vous avez entendu tout ça auparavant, mais aucun livre n’a eu sur moi un si grand impact. J’étais bouleversé. Je lui ai téléphoné quand j’eus terminé ma lecture. « Je t’ai dit de ne pas m’appeler », me dit-elle immédiatement. « Oui, » lui répondis-je, « mais j’ai lu le livre, et je veux que tu viennes souper et que tu amènes ton fils. »

Monsieur Robbins, je suis un homme orgueilleux et ce que j’ai dit ensuite n’a pas été facile pour moi . Mais je savais ce qu’il me fallait faire et je l’ai fait. «Très chère Julie, » ais-je dis, « s’il te plaît, pardonne-moi. Il n’y aura pas de dispute si tu viens. J’ai commis une grave erreur et je le comprends, maintenant. Si tu viens, aucune viande ne sera servie à personne. »

Il y eut un silence à l’autre bout de la ligne. J’ai appris plus tard qu’elle pleurait, mais je ne le savais pas à ce moment-là. Je savais seulement que je devais dire autre chose. « Et il n’y aura plus jamais de viande provenant d’élevage industriel qui sera servie dans cette maison », dis-je.   « Tu plaisantes ? » demanda-t-elle, n’en croyant pas ses oreilles. « Je ne plaisante pas, » dis-je.  « Je suis sincère. »  « On viendra, » dit-elle.

Et j’étais sincère. Aucune viande n’a été servie ici depuis. Nous n’en  achetons simplement plus. Julie nous enseigne comment manger des végé-burgers, du tofu et une variété d’autres plats que j’avais l’habitude de ridiculiser. Ça ne me dérange plus du tout.  Je regarde cela comme une sorte d’aventure.

Depuis ce temps, ils sont venus partager plusieurs repas ainsi que plein d’autres événements heureux. 

Monsieur Robbins, pouvez-vous comprendre ce que cela représente pour moi ? J’ai retrouvé ma fille, et aussi mon petit-fils. Ma fille est une personne merveilleuse. Et notre petit-fils n’a pas encore eu un seul rhume ou otite ou toute autre maladie que les enfants ont l’habitude d’avoir. Elle dit que c’est parce qu’il se nourrit si bien. Je dis que c’est parce qu’il a la meilleure mère du monde.

Ce qu’on fait à ces animaux est immoral, terriblement et horriblement immoral. Vous avez raison. Les animaux ne devraient jamais être traités de cette façon. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais. Jamais.

 Maintenant, quand Julie dit que les animaux sont ses amis et qu’elle ne mange pas ses amis, je n’argumente pas, comme j’avais l’habitude de le faire. Je ne fais que sourire, heureux de ne plus être en conflit avec une personne si spéciale. Et je suis fier de pouvoir regarder mon petit-fils dans les yeux et de savoir que j’aide à faire de ce monde, un monde meilleur pour lui.

 

Respectueusement vôtre,

(l'auteur de la lettre a demandé de conserver l'anonymat)

 

 

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